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Vie Pratique

Pourquoi tant de mépris envers les influenceurs ?

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J’ai d’abord cru à un poisson d’avril, tant le papier d’Antigone Schilling, publié sur Slate, est bourré de clichés dénigrant mon métier. Car oui, comme l’influenceuse présentée dans le papier, j’ai la chance de vivre de ma passion. Certains voudront sans doute me coller une étiquette : « blogueuse, « influenceuse », « instagrammeuse », « slasheuse », « rédactrice », « consommatrice avertie », « experte beauté », « créatrice de contenus », « glandeuse professionnelle » (?!)… Mais pour moi, tout va au-delà d’une dénomination précise, tant le métier que nous créons jour après jour est nouveau. Mais ça, Slate n’a pas daigné le reconnaître et a préféré publier un article à charge sans fond, et ne permettant aucunement d’informer les lecteurs.

Vous avez dit « pute à clics » ?!

Le problème, c’est que ce genre de papier (même pas rigolo) va être lu. Parce que le titre appelle à la moquerie voire au bashing : on est tout sauf dans la bienveillance, et c’est malheureusement l’un des filons que certains media soi-disant sérieux exploitent aujourd’hui pour générer de l’audience.

Le deuxième problème, c’est que la journaliste annonce la couleur d’entrée de jeu : elle est pleine d’a priori sur celles et ceux qui vivent de leur blog/instagram/youtube. A aucun moment elle ne cherche à faire son job de journaliste en se demandant pourquoi les influenceurs cartonnent tant aujourd’hui. Non. Elle va nous servir un joli dégueulis d’acidités, assaisonné de clichés tous plus abrutis les uns que les autres. Car figurez-vous que pour cette probable titulaire de la carte de presse, les blogueuses ont pour bagage… « souvent l’absence d’études et de culture ». Nous apprécierons la vacuité de l’argumentaire.

Pourquoi « influenceur », ça peut être un métier ?

Ce qui est dommage, c’est que Slate choisit ouvertement de passer à côté d’un phénomène qui n’est pas si nouveau que ça. Oui, des gens un peu partout à travers le monde saisissent Internet comme une opportunité de développer un business. Et parmi ces métiers qui n’existaient pas à l’époque où j’étais étudiante, il y a le mien. Et celui de quelques autres, aussi. Mais qui peut être un poil différent d’un « influenceur » à l’autre, car la principale caractéristique de ce drôle de job c’est que la personnalité fait partie intrinsèque de l’ADN de notre entreprise : on fait ce qui nous ressemble. On a la formidable liberté d’insuffler notre caractère de A à Z dans tout ce que l’on produit, en respectant les règles (lois) déjà établies, bien sûr.

Avec Franck L, je n’ai pas la prétention de sauver des vies. Mais en même temps, à l’époque où je travaillais dans la presse féminine : ça n’était pas non plus le cas. Avec Franck L, j’ai en revanche la sensation d’avoir trouvé un travail qui me plaît, alliant l’écriture, la photographie et la proximité avec les lecteurs : c’est une opportunité qui ne m’aurait jamais été donnée dans la presse. Et au-delà de ça, Franck L m’a permis de toucher de près ou de très loin à d’autres métiers : le community management, la comptabilité, la gestion de projet, la direction commerciale, le conseil stratégique, la communication dans sa globalite…

Qu’est-ce qu’être professionnel ?

Je ne nie pas que ce métier puisse être désarmant à certains égards. Certains voyagent aux quatre coins du monde tous frais payés. D’autres donnent l’impression de se rouler dans du maquillage toute la sainte journée. Nul doute que cette activité peut prêter les plus sceptiques à sourire. Impossible de nier aussi que parmi tous ces influenceurs, il y a à boire et à manger : des pros et des moins pros. Mais sur quel(s) critère(s) se base t-on pour définir un blogueur / instagrammeur comme quelqu’un de professionnel ? Parce qu’il émet des factures ? Parce qu’il a de l’éthique ? Parce qu’il respecte la loi ? Parce qu’il est proche de ses followers ? Parce qu’il a à coeur de produire un contenu qui plaira à celles et ceux qui lui font confiance ? Je vous laisse y réfléchir…

Quid de tous ces passionnés dont ça n’est pas une activité commerciale ? Méritent-ils, eux aussi, d’être vilipendés par les media dits « sérieux » ? N’oublions pas que si les blogueurs, puis les youtubeurs et les instagrammeurs ont autant de visibilité aujourd’hui, c’est justement à cause d’un ras-le-bol du modèle traditionnel. C’est justement parce qu’au départ, on est des girls/boys next door, qui testent et font part de leur expérience. Sans filtre. Ou juste avec ceux d’Instagram, pour que ça soit plus joli.

Et enfin, c’est là que ça me semble le plus important : quid des lecteurs et followers ? Sont-ils eux aussi bêtes à manger du foin et dignes d’être insultés indirectement par de tels articles sans fond ? Le fait de suivre des influenceurs que la presse juge totalement écervelés les rend t-il de fait complices de la connerie dénoncée ? A l’heure où le consommateur décide et dit tout ce qu’il pense : comment une journaliste peut-elle envisager ces audiences comme du vide intersidéral ? Bien sûr, Instagram prête peu à l’échange argumenté, mais quand même.

Et les dérives, alors ?

Depuis l’ouverture de mon blog, il y a 11 ans, les choses ont bien sûr évoluées. La preuve : ce loisir est devenu une activité professionnelle. Mais, pour moi il n’est pas impossible d’allier travail et honnêteté, intelligence et futilité. Là où je rejoins la journaliste, c’est qu’aujourd’hui les contenus publiés sur les réseaux sont souvent très creux : rares sont celles et ceux à fouiller, pour en savoir davantage. Mais après tout, ça, c’est le job d’un journaliste, non ?!

On en vient aussi au point évoqué par Slate : les relations annonceurs-influenceurs. Je serai toujours amusée qu’un journaliste s’étonne qu’il y ait de la publicité sur nos supports. N’est-ce pas ce qui fait aussi vivre la presse ? Ne sont-ils pas eux aussi invités à des voyages de presse ? Hmmm…  Pourtant, de notre côté, nous n’avons aucune charte de déontologie qui nous dicte la marche à suivre. Et encore moins l’abattement fiscal lié à la carte de presse. Pardon, je m’égare… Blague à part, nous sommes d’accord sur le fait que des marques s’engouffrent parfois dans des achats publicitaires vides de sens. Mais à l’ère du règne de l’image et de l’éphémère, cela fait-il peut-être justement sens dans un sens ?! (Donnons beaucoup de sens à ce non-sens).

Oui, des dérives existent : certains acceptent des chèques pour tout et n’importe quoi. Certains ne comprennent pas le sens de « ligne éditoriale ». Certains ne se posent tout simplement pas toutes ces questions, quitte à scier tranquillement la branche sur laquelle ils sont assis. Et quitte à prendre l’audience pour des quiches.

Mais non, tout ce que dépeignent Slate et sa journaliste ne sont aucunement le reflet de la généralité. C’est dommage que la journaliste n’ait pas su s’intéresser sincèrement à notre boulot. C’est con (disons-le) qu’elle ait souhaité traiter ce sujet avec dédain. Et je ne vois pas l’utilité de vendre un tel papier à un media pour raconter… bah… euh… rien. Mis à part pour mettre tout le monde dans le même sac et égratigner l’intégralité de la corporation, avec les gens honnêtes, intelligents et professionnels au passage.

Pour ce qui est du domaine de la beauté (celui que je connais le mieux), on assiste bien sûr à des dérives et des trucs franchement ridicules d’un point de vue d’expert ou de lectrice aguerrie. Mais à côté de ça, il y a des filles passionnées qui s’y connaissent souvent mieux que certaines journalistes beauté, et qui ont des vraies valeurs à porter, tout en faisant des jolies photos et en n’ayant pas forcément de diplôme de journalisme.  Ca ne fait pas de leurs supports des trucs sur lesquels on devrait cracher. Je pense à elles, et les félicite pour leur travail toujours plus intéressant chaque jour !

Envie d’aller plus loin ?

Pour en savoir plus sur ma façon d’aborder mon travail, je vous invite à naviguer à travers les archives de Franck L. Ces articles pourraient (je l’espère) vous plaire :

Tags: blog, blogueurs, blogueuses, influenceurs, instagram, presse, slate

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